22.02.2009
Des arts à la cour de Nicolas
L’humeur ambitieuse de la reine le portoit au triomphalisme de mauvais aloi ; son infidélité notoire la faisoit grandement souffrir ; elle n’en témoignoit aucune jalousie apparente ; elle avoit un si profond dédain, qu’il étoit difficile de juger de ses sentiments. On l’avoit vu repousser publiquement les avances de son roi publicain. Ce prince aimoit le commerce des femmes, surtout de celles qui ne l’aimoient pas, et le désamour de la reine aiguisoit son dépit.
Jamais cour n’a eu autant de laides personnes et d’hommes horriblement faits ; et il sembloit que la nature eût pris plaisir à placer ce qu’elle donne de plus horrible dans les plus grands chambellans et princesses. Madame Rachida D’Atthies, Garde des Scelles, commençoit à faire paraître son extravagance et son insuffisance, parée de robes qu’elle empruntoit aux couturiers sans jamais les rendre ; sa beauté incomparable lui seroit funeste. Valérie Traîtresse de Faculté, qui venoit de tourner sa veste, étoit mignonne de tête et de corps : elle avoit été élevée idoinement, et sa bonne éducation pouvoit faire illusion un certain temps. Le goût que le roi Jacques le Premier avoit pour les arts premiers étoit rapidement tombé en désuétude, et Nicolas le Premier, son successeur, aimant les exercices du corps, avoit banni toute forme de musique ou de littérature. Il ne tarderoit point à déclarer que Jeff Koons étoit un modèle. Mais ce qui rendoit cette cour affreuse et minable, étoit le nombre infini de pistonnés, de pique-assiette et de prévaricateurs. Ceux que je vais nommer étoient, en des manières différentes, la honte et l’exécration de leur siècle commençant et du précédent.
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20.02.2009
Un roi publicain
PREMIERE PARTIE
L'usure, l'outrage, et la goujaterie n'ont jamais paru en France avec tant d'éclat que dans les premières années du règne de Nicolas le premier. Ce prince étoit lourdaud, mal fait, et haineux: quoique sa passion pour quelque maîtresse attirée par le pouvoir, son goût du stupre et du lucre n'eussent point décliné.
Bien qu'il ne réussît point admirablement dans les exercices du corps - ses jambes si musculeuses qu'on eût dit des pattes de poulet dopé aux stéroïdes anabolisants supportoient un bourrelet disgrâcieux alourdissant le ventre - il s'obstinoit à s'exhiber soufflant, ahanant, courant aux quatre coins du monde, muni d'affligeantes lunettes de soleil, d'un T-shirt du plus mauvais goût, qui le faisoient ressembler à quelque gendarme sur motocyclette issu d'une série des Amériques.
L'épouse de ce roi publicain, Cécilia Albeniz, descendante par sa mère d'un obscur compositeur estranger, n'étoit plus de la première jeunesse: elle aimoit le luxe, les plaisirs tapageurs, la magnificence et les déjeuners au Bristol. Le roi l'avait épousée, alors qu'il n'étoit encore qu'un chambellan de seconde zone, en la soufflant à un animateur dominical pour vieilles dames en mal d'occupation sexuelle.
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